Tristan Murail
France (1947)


Tristan Murail, l’un des pères du courant spectral, est animé depuis ses débuts par un esprit d’exploration du monde des sons et de recherche, tant sur le plan technologique que compositionnel. Les progrès de l’informatique musicale lui permettent d’effectuer un travail approfondi sur la notion de « spectre sonore ». Ainsi dans Gondwana (1980), il construit des sons complexes par addition de composantes instrumentales. Les « accords » résultants sont alors davantage perçus comme des timbres que comme des harmonies.

La pensée formelle de Tristan Murail évolue, au cours de sa production, vers des modèles de plus en plus complexes. Si ses premières œuvres (notamment Sables, 1974) se caractérisent par une absence de rupture dans le développement musical, il s’oriente par la suite vers un langage plus souple introduisant des éléments de discontinuité, d’imprévisibilité, de contrastes et d’opposition (Sillages pour orchestre, 1984 ; Serendib, 1992). La dimension mélodique prend une part de plus en plus active dans l’élaboration formelle, il élargit ses modèles sonores (L’esprit des dunes, 1994 ; Le Lac, 2001 ; Paludes, 2011, créée à Musica).

Ancien étudiant d’Olivier Messiaen au Conservatoire de Paris, il fonde en 1973 avec Michaël Levinas et Roger Tessier l’ensemble « L’Itinéraire », véritable laboratoire de recherche, et développe au sein de l’Ircam le programme d’aide à la composition « Patchwork » (1991-97). De 1997 à 2011, il est professeur de composition à l'Université Columbia de New York. En 2015, Travel Notes pour deux pianos et deux percussions est créée au Lincoln Center Festival de New York. Un enregistrement rassemblant Le Partage des eaux, Contes cruels et Sillages est sorti cette année sous le label aeon.