Luigi Nono
Italie (1924 - 90)


Dès ses débuts dans les années 1950, Luigi Nono est un compositeur engagé, politiquement (il entre au Parti communiste italien en 1952) mais aussi esthétiquement. Formé d’abord à la musique ancienne et au droit, c’est auprès de Hermann Scherchen – et en compagnie de son ami de toujours, Bruno Maderna – qu’il s’initie à la direction d’orchestre et étudie l’œuvre d'Arnold Schoenberg, Anton Webern et Béla Bartók. Dès 1950, il suit les cours d'Edgar Varèse et de Karl Amadeus Hartmann à Darmstadt, où il étudiera puis enseignera jusqu’en 1955. Mettant les techniques d’avant-garde au service de l’expressivité, il donne au chœur et à la voix un rôle prépondérant. Intolleranza 1960, qui fait scandale à sa création à la Biennale de Venise, est exemplaire des schémas dramaturgiques contrastés qui sous-tendent ses œuvres, faisant alterner de grandes explosions sonores avec des passages d’un lyrisme intense et serein.

La production de Luigi Nono reflète une évolution continue et cohérente dans sa technique compositionnelle. Sa notion du son en tant qu’événement complexe possédant sa propre mobilité interne, notion qui émerge explicitement à partir des années 1980, est déjà présente dans les premières œuvres qui ont établi sa réputation internationale. L’exploration approfondie de l’électronique en temps réel (avec le Studio di Fonologia de la Rai de Milan dans les années 1960 puis avec l’Experimentalstudio du SWR de Fribourg dans les années 1980) irrigue sa pensée musicale. À la fin des années 1970, une remise en question esthétique radicale (qu’il surmonte grâce à l’influence du philosophe Massimo Cacciari) l’amène à utiliser de plus en plus les microintervalles et à rechercher une sonorité à la limite de l’audible.