Emmanuel Nuñes
Portugal (1941)


Après des études musicales, philologiques et philosophiques à Lisbonne et Darmstadt, c’est à la Rheinische Musikschule de Cologne qu’Emmanuel Nunes fait la rencontre d’Henri Pousseur et de Karlheinz Stockhausen, qui auront une influence décisive sur la formation de son univers sonore. Il poursuit sa formation au CNSMD de Paris. Bien loin de renier ses héritages, Nunes opère une intéressante synthèse entre Pierre Boulez et Karlheinz Stockhausen, entre la tradition polyphonique remontant à Bach et le romantisme d’un Schubert ou d’un Mahler. Pétri de la phénoménologie de Husserl, il bâtit son œuvre sur deux piliers architectoniques : l’espace et le temps.

De son premier cycle, La Création, initié en 1978 autour du concept de paire rythmique, à l’opéra Das Märchen, qui sera créé en 2008, en passant par la réflexion sur l’architecture acoustique de Quodlibet (1991), Nunes ne cesse d’habiter et de faire vivre l’espace. Espace physique où se déploie l’œuvre, mais aussi espace interne de la composition, né du « contrepoint des paramètres », espace intérieur de l’imaginaire, enfin. C’est dire l’importance fondamentale accordée par Nunes à la portée du geste musical.

L’exploration du rapport entre vitesse de déplacement dans l’espace, rythme et timbre, dans la série des Lichtung (1988-2007), renvoie à l’autre quête essentielle de Nunes : le mystère d’un présent qui dure parce qu’il contient à la fois son passé et son avenir. Il s’agit pour le compositeur de faire cohabiter par le truchement d’une « virtuosité temporelle » le temps de la conception, le temps de l’écriture et le temps de l’écoute.

mise à jour: septembre 2007