Gustav Mahler
Autriche (1860 - 1911)


Le gigantisme des effectifs et les longueurs démesurées, l’éclatement des genres et des formes, la liberté et la souplesse nouvelles que Gustav Mahler emploie dans son écriture porteront le genre symphonique à un point de non-retour et lui vaudront l’admiration de la Seconde École de Vienne. Au lieu de développer des matériaux connus et de respecter un schéma préétabli, sa musique enchaîne des épisodes contrastés et des péripéties inattendues. Les constructions savantes qu’élabore Gustav Mahler se fondent sur des antinomies (tragique/grotesque, pathos/ironie, savant/populaire) et une accumulation de matériaux hétérogènes (gestes théâtraux, moments de délicate intimité, rythmes de marche ou de ländler, contrastes abruptes).

Ancrés dans la tradition germanique, ses cycles de lieder (Des Knaben Wunderhorn, Kindertotenlieder…) et ses dix symphonies sont essentiellement influencés par les œuvres de Ludwig van Beethoven, Richard Wagner et Anton Bruckner. Ses œuvres se nourrissent de ses propres conflits intimes et de ses aspirations métaphysiques.

Reconnu comme chef d’orchestre exigeant et minutieux à son époque, il a notamment dirigé les orchestres de l’Opéra de Hambourg et de l’Opéra de Vienne avant de poursuivre sa carrière outre-Atlantique au Metropolitan Opera puis à la tête de l’Orchestre Philharmonique de New York. L’héritage qu’il lègue à ses successeurs est immense : une nouvelle liberté polyphonique, une orchestration qui fait du timbre un paramètre essentiel de la composition, l'élimination des réexpositions littérales et la mise en œuvre d’un processus évolutif de variante perpétuelle. Son œuvre jette un pont entre le XIXème siècle et la période moderne.