John Cage
États-Unis (1912 - 1992)


Tout au long de sa vie, plus que par des formes, des systèmes ou des techniques mis en œuvre, c'est à travers une manière de considérer le rôle de l'artiste dans la société et la désacralisation de la notion d'œuvre d'art que John Cage se définit, en dehors de toutes frontières disciplinaires. Ses sources d'inspiration rassemblent aussi bien les arts plastiques, l'architecture, la danse, le théâtre et la poésie que la philosophie bouddhiste et la mycologie.
Sa rencontre avec le chorégraphe Merce Cunningham à la fin des années trente inaugure une longue collaboration qui se concrétise par plus de 70 spectacles (Sixteen Dances, 1951 ; Second Hand, 1970 ; Roaratorio, 1983 ; Beach Birds, 1991…). Dès le début des années cinquante, John Cage affirme des positions radicales et emblématiques à travers sa production artistique : désacralisation du concert (4'33'', 1952) et de l'instrument (ses œuvres pour piano préparé ou avec instrumentation libre) ou bouleversement des codes de l’opéra (ses cinq Europera) ; recours à l'indétermination et au hasard dans le processus de composition (Book of Changes, 1951) ; traitement de la parole comme un pur matériau sonore (Lecture on Nothing, 1950) ; emploi de notations non conventionnelles (Water music, 1952).
L’influence de John Cage s'étend bien au-delà du seul champ musical, ouvrant la voie à des courants artistiques d'après-guerre tels que le mouvement Fluxus, et préfigurant des formes d'expression comme le happening, la performance ou les installations multimédias. Ses dernières années viennent couvrir de reconnaissance et de prix prestigieux une vie placée sous le signe de l'expérimentation et de la liberté.