Elliott Carter
États-Unis (1908 - 2012)


Marqué très jeune par la musique européenne, par l'enseignement de Nadia Boulanger à Paris et par sa rencontre avec Bartók et Stravinsky à New York, Elliott Carter est d'abord reconnu dans son pays par son ami et mentor Charles Ives. Ses premières œuvres sont d'esthétique néoclassique et marquées par un contrepoint rigoureux qui renvoie à la polyphonie médiévale. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, une partie de sa musique est franchement diatonique et ses mélodies teintées d'un lyrisme hérité de Samuel Barber. Carter abandonne alors le néoclassicisme autour de 1950 ; son style devient atonal, sa rythmique complexe.
Ses œuvres de maturité s'appuient sur une construction harmonique rigoureuse, une ample polyrythmie et un contrepoint qui s'étend à des passages, voire à des mouvements entiers. Sa créativité s'exprime pleinement à partir des années 1980, avec des œuvres orchestrales majeures telles que Oboe Concerto (1986-87), Three Occasions (1986-89) et son Violin Concerto (1990). Féru de poésie, la voix reste l'un de ses médiums privilégiés, comme l'attestent ses nombreuses œuvres vocales qui mêlent clarté de l'écriture instrumentale et primauté du verbe (A Mirror on Which to Dwell, 1975 ; In the Distances of Sleep, 2006).
Au cours des deux dernières décennies, son inventivité ne cesse de s'exprimer, aussi bien à travers des œuvres pour soliste ou petites formations que pour orchestre (Three Illusions, 2004 ; Soundings, 2005). Il a composé abondamment jusqu’à la fin de sa vie ; en 2011-12 pas moins d'une dizaine de ses œuvres ont été créées. Sa dernière œuvre achevée Instances a été créée en février 2013 par Ludovic Morlot et le Seattle Symphony.