Walter Ruttmann
Allemagne (1887 - 1941)


Walter Ruttmann étudie l’architecture à Zurich, puis la peinture à Munich et Marburg. Après la Première guerre mondiale, il peint principalement des œuvres abstraites, s’intéresse à la théorie cinématographique et crée en 1919 sa propre société cinématographique. Son film expérimental Lichtspiel Opus I (1919-21), composé de plus de 10 000 images colorées séparément, est le premier film d’animation « absolu » en Allemagne. Trois autres courts métrages abstraits verront le jour jusqu’en 1925 : Lichtspiel Opus II, Ruttmann Opus III et Ruttmann Opus IV, dans lesquels Walter Ruttmann affine sa technique pour devenir l’un des principaux représentants du cinéma d’avant-garde des années 1920.

Après des films publicitaires pour Julius Pinschewer, Walter Ruttman réalise la séquence du rêve dans les Nibelungen de Fritz Lang (1922-24). Pour Lotte Reiniger, il crée les arrière-plans animés et les effets spéciaux pour le long-métrage d’animation (en silhouettes de papier découpées) L’Histoire du Prince Ahmed (1923-26). Le chef-d’œuvre de Walter Ruttmann reste le film documentaire expérimental Berlin, symphonie d’une grande ville (1927), qui présente une journée de printemps à Berlin, de l‘aube au crépuscule. Le deuxième long métrage de Walter Ruttmann, Mélodie du monde (1928-29), « film documentaire symphonique », est le premier long métrage parlant allemand.

En 1932-33, Ruttmann tourne Acciaio en Italie, un film sur l’amour et la jalousie entre deux ouvriers métallurgistes. Il travaille ensuite comme réalisateur de films publicitaires à l’Ufa, tourne des films culturels, publicitaires, industriels et autres films de propagande. Les films industriels Metall des Himmels (1934-35) et Mannesmann (1936-37) sont distingués à Venise, à Bruxelles et à Paris.