Jean Barraqué
France (1928 - 1973)


L’œuvre exigeante, hermétique et marquée du sceau de l’inachèvement de Jean Barraqué fait de lui un artiste atypique, rattrapé par une vision trop haute de son art. « La musique, c’est le drame, c’est le pathétique, c’est la mort (…). Si la musique n’est pas ça, si elle n’est pas le dépassement jusqu’aux limites, elle n’est rien ».

Il travaille en autodidacte avant de se former auprès de Jean Langlais puis d’Olivier Messiaen. De 1951 à 1954, il participe aux activités du Groupe de Recherches de Musique Concrète aux côtés de Pierre Schaeffer et y rencontre notamment Pierre Boulez, Michel Philippot et André Hodeir.

Toute son œuvre est marquée par l’utilisation du sérialisme dodécaphonique. Estimant que les règles strictes du sérialisme limitent son imagination et lui imposent une musique colorée de la même harmonie (qu’il nomme « tonalité sérielle »), Jean Barraqué introduit dans sa Sonate pour piano (1952) des passages quasi improvisés pour rompre avec ce langage.

À partir de …au-delà du hasard (1959) pour quatre formations instrumentales et une formation vocale, il met en œuvre une technique qu’il nomme « séries proliférantes ». Il recherche ainsi, par la prolifération de son matériau, à créer un flux musical toujours jaillissant et imprévisible, propice à la libération d’un flot continu d’invention et d’inspiration toujours renouvelée. L’utilisation de cette méthode, loin d’être intarissable, le conduit d’inachèvements en abandons.

Dès 1955, Jean Barraqué s’attelle à la composition d’une œuvre qu’il veut monumentale : La Mort de Virgile, d’après le roman d’Hermann Broch. Elle restera inachevée, comme presque toutes les œuvres qu’il composera alors : Lysanias, Les Portiques de Feu, l’Homme couché ou encore Arraché de…