Arno Fabre


Arno Fabre aurait pu être cowboy cascadeur pour le cinéma, ornithologue en Antarctique, alpiniste tentant de gravir l’Annapurna, tailleur de pierre au XIe siècle, apprenti anthropologue en Amazonie ou chasseur-cueilleur au néolithique. Finalement, il a conduit les tracteurs, fait du vélo, restauré quelques monuments historiques, démonté le piano, dansé, étudié à l’École Nationale Louis Lumière et au Fresnoy - Studio national des arts contemporains. Aujourd’hui, il construit sa maison, fait toujours du vélo et réalise des œuvres qu’il expose de par le monde.

Son travail est protéiforme, de grandes installations sonores côtoient des projets plus confidentiels et intimistes, des œuvres monumentales pour l’extérieur rencontrent des performances sonores pour la salle de concert, des installations complexes contrastent avec des textes simplement écrits au mur. De fait, ses œuvres sont invitées autant dans des centres d’art que dans des festivals de marionnettes, d’art électronique, de danse et de musiques contemporaines.
Parmi ses créations les plus emblématiques, nous pouvons citer : Dropper01 (2003), dispositif orchestral pour percussions, ordinateur et gouttes d’eau ; Les Souliers (2009), ballet pour 30 paires de chaussures mécaniques ; Contre-nature (2002), photographies de paysages dialoguant avec des textes de loi ; The Evergreen (2009), installation où les raisons de la disparition de Néandertal se résolvent autour d’une partie d'échecs contre Cro-Magnon ; Cloche (2013), sculpture sonore monumentale pour cloche et dispositif mécanique ; Loup y es-tu ? (2009-2016), livre et projection vidéo de 666 questions adressées au loup ; Bibilolo - opéra de chambre en 12 tableaux pour objets manipulés et claviers électroniques (2020), mise en scène baroque et onirique pour une pièce musicale de Marc Monnet.

En déplaçant continuellement son point de vue de regardeur, ce qu'Arno Fabre semble faire avec l'ensemble de son travail, c’est de reconsidérer les évidences en les donnant à voir, qu'il s'agisse du bruit de souliers, de la présence d'une croix dans l'espace public ou de la dimension d'un chemin rural. À travers ses dispositifs artistiques, il semble commenter notre époque avec ironie, critiquant, interrogeant, n’avançant jamais de certitude ou de dogme, mais se jouant toujours des arrogances.

Participations comme interprète