Franco Donatoni
Italie (1927 - 2000)


La démarche artistique de Franco Donatoni témoigne d'un questionnement incessant. Si ses premières œuvres sont fortement inspirées de Béla Bartók, Paul Hindemith et Igor Stravinsky, il se rapproche ensuite des techniques sérielles de Webern et de Boulez (Composizione, 1954 ; Trois improvisations, 1957), ainsi que du structuralisme de Stockhausen (Strophes, 1960).
Sa période « négativiste » l'amène, tout comme John Cage, à bouleverser le rapport créateur-œuvre et à démythifier l'acte de composition : d'abord par les pratiques de l'indétermination (Per Orchestra, 1962), puis en réduisant l'activité compositionnelle à des techniques automatiques d'élaboration et de transformation du matériau (Etwas ruhiger im Ausdruck, 1967). Après une période de silence et de dépression, la mort de Maderna en 1973 lui redonne le désir de composer. Il développe alors un style plus souple, renoue avec l'expressivité et le lyrisme (Spiri, 1977) et s'intéresse davantage à l'écriture vocale (De près, 1978, L'Ultima sera, 1980). Parmi ses dernières œuvres on peut citer Sweet Basil pour trombone et big band (1993), Portal pour clarinette et orchestre (1994), ainsi que In Cauda II (1993-94) et In Cauda III (1996) pour orchestre.
Professeur de composition aux Conservatoires de Turin et de Milan, puis à Sienne et à l'Académie Sainte-Cécile de Rome, il a exercé une profonde influence sur toute une génération de compositeurs italiens.