Peter Eötvös
Hongrie (1944)


L’œuvre de Peter Eötvös explore trois lignes directrices qui ne cessent de s’entrecroiser : une théâtralité qui se propage à tous les niveaux du processus compositionnel (gestes des instrumentistes, théâtralité inhérente à la matière sonore) ; l’élaboration de spectaculaires mises en espace du son (Atlantis, Angels in America) ; enfin, un travail original sur le langage, conçu comme matière sonore originelle (Mese,sa première œuvre électronique ; la cantate IMA). Compositeur d’opéra reconnu depuis le succès éclatant de Three Sisters (1996-97), il accorde une importance toute particulière à la connexion entre la musique de la parole et le discours musical, chaque langue lui faisant écrire une musique différente.

Il étend et perfectionne son rapport à la matière sonore auprès de Karlheinz Stockhausen, à l’Elektronische Studio de la WDR de Cologne (1971-79). Pierre Boulez, qui l’invite à diriger le concert d’inauguration de l’Ircam en 1978, lui montre l’exemple de l’«entité unique et indivisible : compositeur/chef d’orchestre» ; il éprouvera ce modèle à la tête de l’Ensemble intercontemporain (1978-91). Chef d’orchestre internationalement reconnu, il dirige les plus grands orchestres et depuis 2009, il est premier chef invité du Radio Symphonie Orchester Wien. Il a enseigné aux Musikhochschulen de Karlsruhe et de Cologne (1992-2007). Il fonde en 1991 la International Eötvös Institute Foundation puis la Eötvös Contemporary Music Foundation à Budapest en 2004, destinée aux jeunes compositeurs et chefs d’orchestre.

Musica, qui lui a consacré un portrait en 2001, a présenté en partenariat avec l’Opéra national du Rhin la première française de son opéra Love and Other Demons, en 2010. Parmi ses futurs projets figurent les créations de The gliding of the eagle in the skies (Orchestre d’Euskadi), de l’opéra de chambre Golden Dragon (Oper Frankfurt) et du Concerto pour violon doremi (Midori, Los Angeles Philharmonic Orchestra).