Stefano Gervasoni
Italie (1962)


La production de Stefano Gervasoni est marquée par une expression délicate au lyrisme fragile, évoluant dans un monde sonore riche et raffiné. La transparence de son écriture est constamment voilée par des processus à peine perceptibles, qui viennent progressivement altérer de l’intérieur l’image sonore initiale. Stefano Gervasoni fait appel à une large palette d'éléments de langage : structures modales, intervalles consonants, accords parfaits, éléments bruités, et une grande variété de modes de jeu. En outre, en ayant fréquemment recourt à la référence, il crée des moments déclencheurs d’associations et de réminiscences, qui échappent à la logique de la composition et créent un effet de distanciation (Girolamo Frescobaldi dans Six lettres sur l’obscurité, 2005-06 ; le fado dans Com que voz, présenté à Musica 2008 ; des allusions au jazz dans Godspell, 2002).

Stefano Gervasoni reçoit les conseils de Luigi Nono puis étudie la composition au Conservatoire de Milan avec Luca Lombardi, Niccolo Castigliono et Azio Corghi. Ses rencontres avec Brian Ferneyhough, Peter Eötvös et Helmut Lachenmann, mais aussi Gérard Grisey et Heinz Holliger, seront déterminantes dans son parcours. Sa carrière prend une tournure internationale lors de son séjour à Paris (1992-95) puis de sa résidence à la Villa Médicis (1995-96). Il reçoit des commandes de l’Ensemble intercontemporain, du festival Archipel de Genève, de Radio France, du Suntory Hall de Tokyo, de la Berliner Biennale… Depuis 2006, il enseigne la composition au CNSMD de Paris.