Éblouissements

L’Orchestre national de Metz Grand Est s’associe à Musica pour clore le portrait consacré à Kaija Saariaho.

Deux pages orchestrales qui encadrent la carrière de la compositrice finlandaise sont données sous la direction de David Reiland. Tout d’abord, Verblendungen, l’œuvre qui l’a fait connaître au milieu des années 1980 et dont le modèle est une trace de pinceau qui lentement s’effile. À partir d’un climax initial saturant l’espace harmonique se déploient des spectres de plus en plus épurés, jusqu’à la disparition de l’orchestre en un souffle. Son concerto pour harpe Trans composé en 2015 est interprété par l’un des plus éminents représentants de l’instrument, Xavier de Maistre. Tout en délicatesse, l’orchestre ouvre des espaces et s’efface pour mettre en valeur la fragilité de la partie soliste.

Commande conjointe de Musica et de la Cité musicale-Metz, Darker Stems de Clara Iannotta est donné en création mondiale. D’une portée autobiographique rare, la pièce a été imaginée durant une longue période de convalescence. La compositrice italienne dit y avoir transposé son expérience intime de la maladie : « À la manière d’un miroir intérieur révélant des pensées, des comportements ou des peurs cachées au fond de moi, un espace interdit au verbe, mais où le son peut se nourrir avant de s’écrire sur une page. »

La pièce d’Olga Neuwirth qui ouvre le concert, CoronAtion V : Spraying sounds of hope (2020), fait partie d’un cycle d’œuvres composées durant la période de confinement. Elle joue avec l’idée de distanciation sociale en dispersant une petite fanfare dans la salle de concert.

Olga Neuwirth, CoronAtion V : Spraying sounds of hope (2020)
Kaija Saariaho, Verblendungen (1984)
Clara Iannotta, Darker Stems (2022) - création mondiale
Kaija Saariaho, Trans (2015)

Orchestre national de Metz Grand Est
direction David Reiland
harpe Xavier de Maistre


Darker Stems de Clara Iannotta est une commande de Musica et de l’Orchestre national de Metz Grand Est.

© Cyrille Guir