Migrants

Georges Aperghis compose une grande fresque pour faire résonner l’existence des migrants. « J’ai voulu exprimer, dit-il, les “disparitions” auxquelles nous nous confrontons aujourd’hui. J’ai voulu donner un visage non seulement à ces corps qui parsèment nos côtes, mais aussi à ces personnes qui errent à travers l’Europe sans identité et que l’on peine à reconnaître officiellement comme des vivants. »

Face aux tragédies contemporaines, l’œuvre ne pouvait ni s’apitoyer ni user des moyens de l’art pour édulcorer la gravité des situations personnelles et collectives. Elle devait plutôt attirer l’attention, sensibiliser et manifester le besoin toujours plus pressant de reconnaître le reflet de notre humanité dans les yeux de celles et ceux qui arrivent. C’est dans cette perspective, avec l’intégrité, l’exigence et l’engagement qu’on lui connaît, que le compositeur grec a réinventé son écriture.

Pour exprimer la reconnaissance de l’autre, Georges Aperghis s’est tourné vers un texte qui pourrait tout d’abord paraître inattendu : Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad. Il y a trouvé une matière première, ainsi qu’un miroir. Car tel que le trace Conrad, le récit de la colonisation, de la folie des hommes, de la quête infinie de richesse ou de la distinction des êtres demeure notre condition.

L’œuvre prend la forme d’un oratorio en cinq mouvements, avec les voix de la soprano polonaise Agata Zubel et de la mezzo-soprano ukrainienne Christina Daletska. Le troisième mouvement, purement instrumental, est conçu comme un concerto pour alto et interprété par Geneviève Strosser. Le tout est porté par l’Ensemble Resonanz de Hambourg, sous la direction d’Emilio Pomárico.

création mondiale du cycle complet

soprano | Agata Zubel
mezzo-soprano | Christina Daletska
alto | Geneviève Strosser

direction | Emilio Pomárico
Ensemble Resonanz


commande Ensemble Resonanz
avec le soutien de la Fondation Ernst von Siemens