Einstein on the Beach

programme

Ictus

Collegium Vocale Gent



Fin de la manifestation à 23h50

Le chef-d’œuvre du minimalisme servi par un casting de rêve : un chœur d’exception, un ensemble qu’on ne présente plus, une pop star dans un rôle qu’on ne lui connaissait pas…

C’est au Festival d’Avignon, le 25 juillet 1976, qu’est créé Einstein on the Beach, ovni scénique signé par Philip Glass et Bob Wilson. Fruit de trois ans de travail, œuvre de deux artistes émergents qui n’avaient d’autre but que de donner une forme à leur envie de collaborer, l’ouvrage va révolutionner l’histoire de l’art lyrique. Par son ampleur et son ambition d’abord, en agrégeant toutes les disciplines des arts de la scène. Par son livret dont les quatre actes ne proposent aucune trame narrative, ou du moins linéaire, mais préfèrent déployer un réseau d’évocations et d’associations autour de la figure d’Einstein. Par la radicale nouveauté de sa mise en scène. Par sa musique, enfin et surtout, résolument tonale, répétitive et pulsée, qui diverge des canons alors en vigueur de l’avant-garde européenne : économe par ses effectifs (six instrumentistes dont deux synthétiseurs, et un chœur de seize voix), elle est d’un souffle et d’une virtuosité inédits – gigantesque chaconne autour des accords de la mineur, sol majeur et do majeur dont les motifs obsessionnellement réitérés confinent à la transe… Structuraliste et hédoniste, architecturale et dionysiaque, minimaliste et colossale, Einstein on the Beach appelle les oxymores autant que les superlatifs : avant d’être simplement une œuvre, il s’agit d’une expérience.
C’est d’ailleurs là le sens de la production qu’ont imaginée les Belges de l’indispensable ensemble Ictus. Élaborée avec la plasticienne Germaine Kruip, le chœur du Collegium Vocale de Gand, rompu à cette musique ancienne si chère à Philip Glass, et la chanteuse américaine Suzanne Vega comme unique narratrice, cette version de concert se concentre sur la musique et le texte : elle entend avant tout mettre à nu « le geste musical », et le fascinant défi que représentent, pour le musicien comme pour le spectateur, ces 200 minutes du microchirurgie rythmique. Une expérience, donc, dont la puissance demeure intacte.


Structuralist and hedonistic, architectural and Dionysiac, minimalist and colossal, Einstein on the Beach lends itself to description in oxymorons and superlatives: more than simply a work, it is above all an experience. This concert version conceived by the Ictus Ensemble and the Collegium Vocale Gent choir, with the collaboration of Suzanne Vega, aims to reveals the ‘musical gesture’ and fascinating feat represented by these 200 minutes of rhythmic microsurgery, for the musicians and spectators alike.


production Ictus & Collegium Vocale Gent
coproduction Concertgebouw Brugge