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Violaine LochuCrabe Chorus #2
Dojo Sisters © Violaine Lochu, Adagp, Paris, 2025. Photo : Tadzio
appel à participation

Violaine Lochu
Crabe Chorus #2

De quoi se protège-t-on quand on traverse un cancer, qu’on le soigne ou qu’on aide quelqu’un qui en traverse un ?
C’est autour de cette question centrale que l’artiste Violaine Lochu, accompagnée par la curatrice Vanessa Desclaux, mènera un projet de création à Strasbourg, en collaboration avec le service oncologique de la clinique Sainte-Anne et SOL, dans le cadre d’un partenariat entre le Centre européen d’action artistiques contemporaines (CEAAC) et le festival Musica.

De décembre 2025 à juillet 2026, l’artiste Violaine Lochu proposera des temps de rencontre, d’échange et d’ateliers à l’hôpital et en dehors de ses murs (lieu à confirmer à Strabourg) pour transformer les expériences partagées en faisant usage du corps et de la voix. Le projet de création, dont la forme finale sera définie par les participant·es, sera restitué lors du festival Musica 2026 et à l’occasion d’une exposition au CEAAC à l’automne 2026.

La traversée d’un cancer en tant que patient·e, aidant·e ou soignant·e est une épreuve multiple : physique, psychologique, relationnelle, éthique, spirituelle. Se protéger — de soi, de l’autre, du collectif, de la maladie, de la fatigue, du désespoir, etc. — semble crucial : comment inventer un espace intérieur suffisamment puissant pour pouvoir vivre au mieux ce contexte éreintant ? Pour continuer à être présent·e au monde et à l’autre malgré tout ?

À partir de rencontres avec des personnes concernées par le cancer (patient·es, aidant·es et soignant·es) et de sa propre expérience de la maladie, Violaine Lochu propose un projet pluridisciplinaire autour de la question de la protection.

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Violaine Lochu

Artiste

Née en 1987, Violaine Lochu vit et travaille entre Montreuil (Seine-Saint-Denis, France) et Cotonou (Bénin).

Sa pratique, au croisement de l’art contemporain, de la musique expérimentale et de la poésie sonore, est une réflexion sur la notion de métamorphose : vocale, physique, spirituelle, linguistique et intime.

Ses projets naissent de rencontres, provoquées ou fortuites, avec des entités de tous ordres – humaines, animales, végétales, minérales… Lors de longues phases d’immersion, elle collecte des éléments sonores, narratifs et visuels propres aux milieux dans lesquels elle se plonge. À partir de ce corpus, elle crée par collage, recomposition, transposition, traduction, réinvention, des performances et des installations dans lesquelles interagissent sons, vidéos et dessins.

Violaine Lochu envisage sa démarche comme une zone de réflexivité, de déconstruction et d’empowerment. Ses expériences de vie, ses propres questionnements, ses errances, parfois ses traumatismes, constituent un matériau qu’elle ne cesse de travailler à la lumière de ses rencontres, y compris avec des penseurs et chercheurs contemporains –Bruno Latour, Nastassja Martin, Vinciane Despret…–, de ses lectures –anthropologie, sociologie, philosophie– ou de son intérêt pour les contes et la mythologie.

L’exploration des répertoires d’Europe centrale et du Sud de l’Italie en tant que chanteuse et accordéoniste pendant une dizaine d’années, l’a amenée à penser la musique, l’art, dans une perspective collective, en lien avec la vie quotidienne. Dans le même temps, certaines problématiques, toujours actives dans son travail actuel, ont émergé de cette pratique. L’apprentissage de répertoires issus d’autres cultures et d’autres langues pose des questions liées à la légitimité, l’« adaptabilité », l’hybridité, les effets de domination conscients ou inconscients, le rapport aux cultures dites «populaires».

Les projets qui ont suivi la traversée, puis la guérison d’un cancer en 2018, sont travaillés par les notions de « santé », de « maternité », de « traumatisme » – dont il s’agit de redéfinir les contours. À travers l’invention d’avatars et de mondes fictionnels, la pratique artistique est pensée comme une zone de réappropriation, de « désassignation », face à des discours souvent chargés de violence symbolique. Plusieurs projets sont issus de cette expérience : Crabe Chorus, O’Child, OrganOpera, C’est la peau, Magnetic Song, Battle, Eden B/4. D’autres travaillent les notions de care et de safe space : Echotopia, Système Berceuse, Battle.

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Vanessa Desclaux

Chercheuse curatrice

Enseignante à l’école nationale d’art de Dijon depuis 2011, Vanessa Desclaux est curatrice et critique d’art. Titulaire d’un doctorat en Curating (Goldsmiths, Université de Londres), elle articule la recherche et la pédagogie à une pratique curatoriale transdisciplinaire. Lauréate avec l’artiste Agnès Geoffray d’une bourse de recherche et de création de l’Institut pour la photographie des Hauts de France en 2023, elles développent actuellement ensemble un projet intitulé elles obliquent elles obstinent elles tempêtent, articulant une exposition, une édition et une conférence performée. 

Vanessa Desclaux a travaillé dans différentes institutions artistiques (Tate Modern, Frac Nouvelle-Aquitaine MECA) et a collaboré, en tant que commissaire indépendante, à des projets dans différents lieux en France et en Europe (De Appel Arts Center, Amsterdam ; If I Can’t Dance, Amsterdam ; Bloomberg Space, Londres ; la Galerie, centre d’art de Noisy-le-Sec ; Frac Franche-Comté ; CRAC Alsace ; RMN-Grand Palais).