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Mechanical Forests
résidence

Mechanical Forests

Résidence de création à Sankt Georgen en Forêt-Noire (Allemagne)

Musica, les Donaueschinger Musiktage et l’association Global Forest basée à Sankt Georgen en Forêt-Noire ont lancé conjointement un appel à candidatures pour une résidence de 3 à 4 mois. Cette résidence comprendra une phase de recherche menant à la création d’une installation sonore qui sera présentée lors des Donaueschinger Musiktage, ainsi que dans le cadre de Musica à Strasbourg. L’artiste invité·e animera également un atelier avec un groupe d’étudiant·es de la HEAR (Haute École des Arts du Rhin, Strasbourg) autour du même axe de travail.

A l'issue d'un processus de sélection où plus de 130 candidatures ont été examinées, deux artistes ont été sélectionnés pour cette résidence, pour des séjours en 2026 et 2027.

Nichée au cœur de la Forêt-Noire, la ville de Sankt Georgen porte l’empreinte d’une histoire singulière : dès les années 1820-1830, cette région déjà réputée pour ses horloges à coucou voit émerger la production d’instruments de musique mécanique. S’appuyant sur la précision de l’horlogerie locale, des ateliers situés à Sankt Georgen et à Furtwangen développent alors horloges musicales, orgues miniatures, pianos mécaniques, boîtes à musique et autres automates sonores exportés dans toute l’Europe. Cette industrie florissante du XIXe siècle marque profondément l’identité du territoire, comme en témoigne aujourd’hui le Deutsches Phonomuseum de Sankt Georgen. Elle préfigure également l’essor des dispositifs de reproduction sonore, du phonographe d’Edison jusqu’au MP3 et au streaming, dans une généalogie des technologies d’écoute décrite par Jonathan Sterne.

La résidence propose de réinterroger cet héritage technique, culturel et sonore, tout en le mettant en dialogue avec l’environnement naturel de la Forêt-Noire. L’aspect naturel de cette région cache en réalité une forte empreinte humaine. Dès le XIXe siècle, la Forêt-Noire est profondément modifiée par une foresterie industrielle intensive, destinée à répondre à la demande croissante en bois — matériau essentiel pour l’horlogerie, la facture instrumentale, mais aussi pour les industries minières et énergétiques. De vastes zones sont alors converties en plantations homogènes d’épicéas, au détriment de la diversité originelle des forêts mixtes. Cette histoire résonne aujourd’hui avec les débats contemporains sur la gestion forestière, en soulevant des tensions entre exploitation, préservation et recomposition du paysage.

Dans ce contexte — entre mémoire industrielle et mutations paysagères, résonances mécaniques et enjeux écologiques — l’artiste sélectionné·e sera invité·e à explorer les tensions qui façonnent nos territoires physiques et imaginaires.

Ce projet s’inscrit dans le programme Les Trois Angles, avec le soutien de l’Interreg Rhin Supérieur cofinancé par l’Union Européenne.

févr
2026

mars
2026